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#1 29-09-2018 07:52:10

TRACBAR60
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CHEZ CITROEN EXPO A BRUXELLES

POUR INFO
A Bruxelles, un ancien garage (Citroën) accueille la collection de Pompidou
    Luc Le Chatelier

    Publié le 27/09/2018. Mis à jour le 27/09/2018 à 17h04.

Le Kanal-Centre Pompidou, installé dans l’ancien showroom de Citroën à Bruxelles.

Avant les travaux qui, à l’été 2019, édulcoreront inévitablement la brutalité sauvage de cette friche industrielle bruxelloise, il faut courir à Kanal-Pompidou, installé dans l’ancien showroom monumental de Citroën et bientôt transformé en “musée du XXIe siècle”.

Bruxelles, quai des Péniches, au bord du canal de Charleroi. L’ancien showroom de Citroën, « la plus grande station-service d’Europe » à son inauguration en 1934, a sauvé sa peau de la démolition. Coup de chance dans la capitale belge, où le grand n’importe quoi, l’urbanisation sauvage et la spéculation immobilière – réunis sous le terme générique de « Bruxellisation » (1) – règnent en maître depuis fort longtemps…

Mais, si on n’y construit pas de bureaux en verre fumé, comment occuper les 41 000 mètres carrés de planchers en béton de ce site industriel, ses ateliers, son hectare de verrières et sa « cathédrale » en rotonde, dessinée, paraît-il, par André Citroën en personne ? Avec le musée d’art moderne et contemporain qui manque à la Région Bruxelles-Capitale (tenue par la gauche), pardi ! Qui, hélas, n’a pas de collections. Mais l’Etat fédéral (tenu par la droite) refuse de prêter les siennes, pourtant confinées dans des réserves depuis la fermeture du Musée royal d’art moderne en 2011.

Au motif – officiel – que la Région n’a pas de compétences en matière de culture, mais surtout parce que tout ce petit monde se déteste cordialement en fonction de critères assez obscurs pour qui n’en est pas, et au sein duquel le facteur linguistique n’est pas forcément le plus clivant. Ici, gauche et droite ne peuvent pas se sentir, mais les unionistes et les séparatistes non plus, tandis que cathos et athées, deux puissants lobbies, s’envoient volontiers, et dans toutes les langues, des noms d’oiseaux…

« Pour nous sortir de ce poto-poto [marigot] typiquement belge, explique Yves Goldstein, ancien directeur de cabinet du ministre-président PS de la Région Bruxelles-Capitale, et actuel administrateur du projet Kanal, il nous fallait ouvrir au plus vite – même sans autorisation d’urbanisme – avec un partenaire indiscutable. » A savoir, le Centre Pompidou, trop content de louer son nom et ses services – 2 millions d’euros par an sur dix ans – pour occuper ce sublime et immense terrain de jeu avec des pièces et des installations qui, par manque de place, sortent rarement de ses réserves.

Faut-il y voir, comme certains Bruxellois le disent, du colonialisme culturel de la part des Français ? Yves Goldstein et Bernard Blistène, le directeur du Centre Pompidou, à l’unisson et la main sur le cœur, assurent qu’au contraire « ce n’est qu’un CDD de dix ans, le temps de mettre Kanal sur orbite, et qui se fait en partenariat avec des institutions belges comme l’Adam (Brussels Design Museum), le Civa (Centre international pour la ville, l’architecture et le paysage), la Cinematek et toute la jeune scène des créateurs belges... »

Un sublime terrain de jeu pour Pompidou

Toujours est-il que le Centre Pompidou a ainsi transporté juqu’ici : une maison tropicale de Jean Prouvé ; un prototype de voiture moulée en plastique de Luigi Colani ; des vidéos en veux-tu en voilà jusque dans les parkings du troisième étage, comme celles, pleines de rêveries sur les cinq éléments fondateurs de la cosmologie indienne (air, eau, feu, éther, sable), réalisées entre 1976 et 2002 par l’artiste Velu Viswanadhan. Ou, un étage au-dessus, les Bambi’s Games de Francis Alÿs, qui montrent que, sous toutes les latitudes, dans toutes les situations, même les plus désespérées, sous les bombes, dans les camps, les enfants reproduisent toujours les mêmes jeux : chaises musicales, ciseau-pierre-feuille, cerfs volants, balle au pied, chat perché…

A l’atelier de tôlerie, on retrouve logiquement un mobile de Calder, une compression de César, un poulpe fait avec des pare-chocs de voiture signé John Chamberlain. Et, à quelques centaines de mètres de là (il faut être bien chaussé), dans les vestiaires des mécanos, le film Jeanne Dielman, de Chantal Akerman. Dans les lavabos, des Polaroids d’Andy Warhol...

« L’offre est en effet superbe et je m’y suis précipitée avec mes enfants dès l’ouverture, reconnaît Isabelle Pauthier, directrice de l’Arau (Atelier de recherche et d’action urbaines, une puissante association d’usagers de la ville), mais ce n’est pas une raison pour s’affranchir des règles communes. »

A savoir : 1 - Kanal-Centre Pompidou a ouvert ses portes avant même d’avoir l’agrément des services d’urbanisme et de sécurité. 2 - Non contents d’y montrer de l’art, les gestionnaires du site y ont organisé des mégas fêtes, privées ou non, qui ont littéralement empêché de dormir la quarantaine de familles qui habitent dans l’immeuble mitoyen – le site, dans son état brut actuel, n’étant absolument pas isolé. 3 - Plus grave, selon l’Arau : en se précipitant dans cette aventure « sans aucune concertation citoyenne », la Région a violé ses propres règles édictées dans le plan régional de développement de 2002, qui stipule qu’« un projet culturel fort est celui dans lequel la communauté urbaine se reconnaît ».

Le fantasme de “l’effet Bilbao”

« On aurait effectivement pu imaginer d’autres vocations pour ce site, plus tournées vers la ville et ses habitants, continue Isabelle Pauthier. Le quartier très populaire de Molenbeek est juste en face, mais je ne suis pas sûre que Kanal-Pompidou, sa cantine bobo et ses tickets d’entrée à 14 euros s’adressent à ces gens-là. » Elle soupire : « La Région veut s’offrir là un “effet Bilbao” de niveau international qui attire les touristes. J’ai bien peur qu’une fois encore Bruxelles, qui est une ville pauvre, ait les yeux plus gros que le ventre... »

N’empêche, la programmation actuelle – avec notamment une jolie exposition sur le design en plastique rouge et blanc des années 1970/1980 – est alléchante même si elle est très très loin d’occuper tout l’espace. Et c’est peut-être ça qui est plaisant, sauf si on a payé plein pot pour s’y promener : le site, très vide et encore marqué par son histoire industrielle, est un vrai rêve d’enfant. A voir d’urgence ! En effet, ouvert le 5 mai dernier pour treize mois de préfiguration très « free style », Kanal-Pompidou devrait connaître, à partir de juillet 2019, une profonde transformation – pour 150 millions d’euros – censée faire de cette friche sauvage un vrai musée aux normes internationales.

Exposée dans le showroom qui donne sur la rue, l’élégante maquette du projet, signé NOA, EM2N et Sergison Bates (regroupement de trois agences, belge, suisse et britannique), semble relativement préserver le génie des lieux : elle évide la « cathédrale en rotonde de verre et de fer » pour en faire une salle de spectacle, ouvre un restaurant sur le toit, et plante dans la verrière — en conservant les perspectives des nefs — trois bâtiments cubiques et étanches prêts à accueillir dans les meilleures conditions toutes sortes d’œuvres d’art. A suivre.

(1) Bruxellisation : dans le jargon des urbanistes, ce néologisme (en néerlandais « verbrusseling ») désigne « le développement anarchique et destructeur d’une ville ancienne livrée à la cupidité des promoteurs ». Une spécialité locale qui dure… depuis que la ville est capitale de cet improbable royaume inventé en 1830. L’Europe, en s’y installant cent trente ans plus tard, n’arrangera rien à l’affaire.
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